Dans la cale, et ailleurs… (Partie 1/3)

Cher journal,
Cher blog,
Chers lecteurs et chères lectrices,

Internet,
Ça fait quelques semaines que toi et moi c’est un perpétuel rendez-vous manqué.
Je le sais. Tu le sais. Et ça finirait presque par devenir gênant.
Mais sache que je pense à toi tous les jours. Je ne suis pas inactif.
Que ce soit bien clair entre nous : je n’ai rien contre l’oisiveté. Hélas j’ai de moins en moins ce plaisir. J’ai toujours une idée d’article qui germe ou un brouillon qui pourrit, et tout cela encombre mon esprit. La pile d’articles en attente ne désemplit pas ; au contraire elle augmente.

Sache-le donc bien, Internet : depuis des semaines je fais des trucs et, un jour, tu pourras en lire les fruits ici ou ailleurs.

Je lis

J’ai beaucoup lu depuis l’ouverture de ce site.
Des romans que j’ai appréciés, d’autres qui me sont tombés des mains, un ou deux que je me suis forcé à finir, des récits ou essais (auto)biographiques, des recueils de nouvelles ou de chroniques, des bandes-dessinées, une pièce de théâtre en alexandrins et de plus en plus de textes politiques. Chose à laquelle je ne me serais jamais attendu il y a quelques années : ce sont ces derniers qui m’ont le plus enthousiasmé.

Comme ça fait beaucoup de bouquins et que je n’ai pas prévu que ce billet fasse vingt pages, je propose de vous les lister et si l’un ou l’autre de ces titres attise votre curiosité, si vous voulez savoir ce que j’en pense ou par exemple lesquels me sont tombés des mains, demandez-moi dans les commentaires.

L’arnaqueur de Walter Tevis dont j’avais beaucoup aimé dans mes jeunes années les deux romans de science-fiction « L’oiseau d’Amérique » et « L’homme tombé du ciel », et dont beaucoup d’oeuvres ont été adaptées à l’écran par Hollywood et récemment Netflix (« Queen’s Gambit »).
Le maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov.
Kalpa Impérial de Angelica Gorodischer qui se ressemble beaucoup à « Trafalgar » sur lequel j’ai prévu d’écrire prochainement.
Retour en terre de Jim Harrison, et La constellation du chien de Peter Heller, tous les deux recommandés par un ami. Le même vient de m’offrir Play it again, Dupont de Jean-Patrick Manchette dont j’avais parlé ici.
Vous plaisantez, Monsieur Tanner de Jean-Paul Dubois, recommandé par un ami (un autre).
L’intégrale de Manchette dessiné par Tardi, recommandée et prêtée par un ami (un troisième) quand il a découvert que j’avais quelques choses à dire sur Manchette.
Le premier tome du manga Akira de Katsuhiro Ōtomo, recommandé et prêté par un ami (le compte est bon).
La Terre des fils du dessinateur Gipi, recommandé par @lapinesco sur twitter.
Un long voyage de Claire Duvivier, recommandé par l’ensemble de la blogosphère.

D’un retournement l’autre, une longue pièce de théâtre en alexandrins sur la crise bancaire des subprimes, de Frédéric Lordon.
Les deux tomes de L’âge d’or de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil.
Le Décalogue dont les dix tomes, écrits par Frank Giroud et dessinés par des dessinateurs divers, traînaient dans la bibliothèque conjugale.
Conversation avec Jean-Jacques Rousseau de Jean-Claude Carrière.
La République de Platon.
Lu un Jean Ziegler (Le capitalisme expliqué à ma petite-fille), un Alain Deneault (La médiocratie), suis toujours plongé dans Karl Marx (L’idéologie allemande, Le Manifeste, Le Capital) et ai picoré du Pierre Bourdieu (Les héritiers, La reproduction, La distinction).

Love me or leave me de Mathilde Hirsch et Florence Noiville auquel j’ai déjà fait allusion dans mon article sur Nina Simone et que j’ai lu pendant la rédaction de l’article.
Underground Railroad de Colson Whitehead dont je reparlerai dans un futur dossier thématique.

Et enfin, en vue d’un article sur 1984 (que j’ai relu pour l’occasion) et afin de ne pas raconter n’importe quoi sur George Orwell – tout le monde n’a pas ce scrupule – j’ai enfin fini de lire tout ce que j’ai pu trouver sur sa vie et ses idées.
A savoir :
Hommage à la Catalogne de George Orwell
George Orwell, de la guerre civile espagnole à 1984 de Louis Gill qui offre entre autres un épilogue à « Hommage à la Catalogne »,
Chroniques Orwelliennes de Jean-Jacques Rosat,
Orwell éducateur et Orwell Anarchiste Tory de Jean-Claude Michéa,
Le lion et la licorne de George Orwell
Écrits politiques de George Orwell
Orwell ou
L’horreur de la politique de Simon Leys ainsi que, du même auteur, un texte sur Orwell présent dans Le studio de l’inutilité ». Le studio de l’inutilité que j’ai fini par lire en intégralité quand je me suis enfin souvenu pourquoi ce nom m’était familier, et dans lequel j’ai trouvé un fameux texte sur le poète Chesterton, Robinson Crusoé qui descend dans la cale chercher du jambon concret, etc. Il faudra que j’y revienne, ce n’est pas la première fois que j’en parle dans ce blog.

C’est tout pour mes lectures – discutons-en dans les commentaires !
Mais je n’ai pas fait que lire des bouquins. J’ai joué à des jeux. Et j’ai aussi un peu écrit, mais pas sur ce site.

(à suivre)

Voir aussi :



17 commentaires sur “Dans la cale, et ailleurs… (Partie 1/3)

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  1. Ah bravo! Bel éclectisme…
    «Vous plaisantez monsieur tanner» ,je l’ai lu aussi …je l’ai peut-être recommandé ,moi aussi ,à certaines personnes qui pateaugeaient dans des travaux lancinants,,c’ est assez marrant dans ce contexte…sans plus ,dans mon souvenir.

    Boulgakov,pour ma part je lui préfère le petit «  mémoires d’un jeune médecin » (pas sûr du titre)

    J’aime beaucoup votre volonté de tout lire ( enfin ce qui est disponible) d’un auteur…Bravo pour Georges Orwell ,d’autant que vous avez dû vivre quelques moments ennuyeux ,j’imagine, en m’appuyant sur mes fragiles bases orwelliennes ( hop ! Vive les néologismes c’ est la mode)

    Pour ma part,depuis un très (trop) long moment je suis (baigne,barbotte plutôt) pathologiquement (je commence à le penser et l’analyser comme tel) dans la littérature russe ,plongé ( à tiens j’ai ajouté un tremplin à la baignoire) ces dernières semaines dans Tourgueniev dont je n’avais lu et relu que «les mémoires d’un chasseur » et je découvre,bien tard et un peu lardé de honte, le reste de l’oeuvre conséquente, doucement (une brasse ,peut-être juste la planche ,sur un flot de drap)

    Bref , j’en profite pour demander (l’endroit semble le bon) si quelqu’un avait à vendre , prêter (ou donner) un livre de Nicolaï Nekrassov ?

    Auteur introuvable (pourtant traduit en français,quelques œuvres) …Je suis particulièrement intéressé,merci!

    Et merci pour le reste aussi,Monsieur El Payo.

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    1. Cher Monsieur Lastep,
      Merci de vos recommandations : il n’est pire aveugle que celui qui fait la sourde oreille.
      Effectivement j’ai eu quelques moments d’ennuis, mais pas forcément là où vous l’imaginez. D’ailleurs je n’ai jamais eu la volonté de lire tout Orwell, surtout pas ses romans. Je ne vois rien d’admirable dans cette démarche dont le côté obsessionnel aurait plutôt tendance à me rebuter.

      Pour le Nekrassov j’ai bien une piste ; voyons en privé comment nous pourrions procéder.
      N’hésitez pas à me recommander davantage de littérature russe, avec laquelle je crains avoir démarré ma relation du mauvais pied.
      Mais pour les prochains mois je dois avouer avoir déjà pas mal de retard lardé sur la planche de ma honte.

      Les néologismes c’est intéressant. Êtes-vous versé dans l’étymologie ?

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  2. Concernant 1984, avez-vous lu les nouvelles traductions parues récemment ?
    Elles sont toutes les deux disponibles en poche Folio : l’une par Josée Kamoun, l’autre par Philippe Jaworski.
    On nous parle d’erreurs corrigées, de contresens défaits, d’un niveau relevé des dialogues et du style, d’un « vrai » roman…

    J’avais été fasciné par la lecture de ce roman dans mon adolescence, et une relecture me taraude depuis quelque temps.
    Je connais un peu Jaworski pour son travail sur Melville ; je ne crois pas connaître Kamoun (je n’ai jamais lu Roth et je n’ai pas lu les Irving qu’elle a traduits).
    J’aurais aimé votre avis si vous vous y êtes penché.

    Quoi qu’il en soit, merci pour ce billet (et ce blog).

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    1. Cher Monsieur T,
      Je ne me suis pas vraiment penché sur le sujet, du moins pas avec la même insistance que d’autres questions. Mais oui, quand j’ai décidé de relire 1984, je me suis demandé si j’allais ressortir mon vieux poche d’il y a 20 ans ou bien en profiter pour essayer cette nouvelle traduction qui avait tant fait parler. Quand je dis « nouvelle », je parle de celle de Josée Kamoun ; d’ailleurs avant votre message je n’avais pas entendu parler d’une autre encore plus récente de Jaworski.

      Je m’étais procuré la traduction de Josée Kamoun par des voies numériques, ainsi que le texte original en anglais. Je ne saurais vous dire laquelle est la plus proche du style original. Pourtant après les premiers paragraphes et la lecture de l’annexe sur la novlangue (néoparler chez Kamoun), j’ai décidé de reprendre mon vieux poche avec la traduction d’Amélie Audiberti.

      Pour les néologismes, les termes de Kamoun sont plus fidèles aux termes d’Orwell, volontairement hachés, automatisés et à l’élocution désagréable. J’ai préféré rester attaché aux mots dans l’ancienne traduction, moins moches, et qui sont malheureusement passés dans le vocabulaire de notre critique contemporaine (novlangue, etc.)
      De ce point de vue là, et après une longue recherche de 30 secondes sur internet qui m’a fait atterrir chez lefigaro.fr, il semble que Jaworski est même allé jusqu’à traduire Big Brother.

      Pour le style, je vais essayer de vous laisser juger par vous-même dans mon prochain commentaire.

      Merci de votre intérêt 🙂

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    2. Voici le début du roman d’abord dans la langue d’Orwell, puis celle de Josée Kamoun et enfin d’Amélie Audiberti.

      « It was a bright cold day in April, and the clocks were striking thirteen. Winston Smith, his chin nuzzled into his breast in an effort to escape the vile wind, slipped quickly through the glass doors of Victory Mansions, though not quickly enough to prevent a swirl of gritty dust from entering along with him.
      The hallway smelt of boiled cabbage and old rag mats. At one end of it a coloured poster, too large for indoor display, had been tacked to the wall. »

      « C’est un jour d’avril froid et lumineux et les pendules sonnent 13:00. Winston Smith, qui rentre le cou dans les épaules pour échapper au vent aigre, se glisse à toute vitesse par les portes vitrées de la Résidence de la Victoire, pas assez vite tout de même pour empêcher une bourrasque de poussière gravillonneuse de s’engouffrer avec lui.
      Le hall sent le chou bouilli et le vieux paillasson. Sur le mur du fond, on a punaisé une affiche en couleur trop grande pour l’intérieur.  »

      « C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.
      Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. À l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. »

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    3. Merci pour votre réponse Monsieur payo.

      Les quelques articles que j’avais lus à propos de Jaworski m’avaient donné une bonne impression.
      A priori son approche me séduit. Par exemple, je trouve pertinente sa traduction de « Big Brother », et les néologismes plus proches de l’original pour les rendre sales, bêtes et méchants, ça ne devrait pas me déplaire.
      J’imagine que cela demande un temps d’adaptation, mais il me plaît assez d’être bousculé dans mon confort et mes habitudes (et en littérature, comme en musique, j’ai une certaine inclination pour les approches du genre « sale et méchant » : je suis assez friand de voir ressortir les impuretés plutôt que les sentir planquées sous le tapis).

      Je n’ai pas vraiment d’avis concernant le temps de narration (présent ou passé simple). Les deux options se défendent, et il est probablement vrai qu’en français le présent apporte moins de lourdeurs que le passé simple ou composé (pour l’avoir relu récemment, les deux traductions de « Pop. 1280 » de Thompson avaient d’ailleurs fait ce choix). J’imagine que ça s’applique mieux à certaines oeuvres qu’à d’autres.

      En tout cas j’ai hâte de lire votre article sur Orwell 🙂

      J’essaierai de prendre le temps de réagir sur d’autres points de ce billet.

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      1. A propos du Thompson, avez-vous découvert dans les récentes traductions où étaient passées ces mystérieuses 5 âmes disparues dans la série noire ? Un sacré coup de torchon !

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      2. Cette question des impuretés en musique ou en littérature, voilà un sujet qui pourrait me passionner toute une vie !
        C’est le genre de choses auxquelles, par idéologie, je voudrais adhérer sans retenue mais à mon corps défendant je suis trop souvent sensible à des sophistications esthétiques.

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  3. Hé hé !
    Vous connaissez probablement déjà tout ce qui tourne autour de cette disparition mystérieuse, mais au cas où : l’explication la plus communément admise est la plus grande commodité, à l’oreille, de la liaison entre « 1275 » et « âmes » (en tout cas je lui accorde, au traducteur, que « 1280 âmes », c’est un peu moins joli !).

    Cette petite coquetterie du traducteur a donné naissance au non moins cocasse « 1280 âmes » de Pouy, qui part à la recherche des fameuses 5 âmes perdues, sous forme de jeu de piste littéraire, et dont je vous recommande la lecture (si ce n’est pas déjà fait).
    Je suis absolument friand de ce genre de démarche.
    (et j’aime beaucoup l’adaptation de Tavernier)

    Nous nous rejoignons sur les impuretés, qui est effectivement un sujet fascinant 🙂

    (Désolé pour ce délai de réponse, je ne suis pas toujours très assidu sur les réseaux.)

    Portez-vous bien.

    Aimé par 1 personne

    1. Ah, je ne connaissais pas cette hypothèse concernant les titres.
      Sans l’avoir lu, j’avais en revanche déjà entendu parler du livre facétieux de Jean-Bernard Pouy. A plusieurs occasions dans l’émission salle 101 de la radio RFPP (fréquence Paris plurielle), émission dont je suis un fidèle depuis… pfff le début, je crois bien. Donc 17 ou 18 ans.

      Tavernier est formidable.

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      1. Je ne connais pas cette radio (bon, je ne suis pas dans la région parisienne…). Après une petite recherche, je vois que cette émission serait bien du genre à me plaire !

        Tavernier, outre ses films, est un homme passionnant oui.
        Résidant à Lyon, j’ai (eu…) le plaisir de fréquenter régulièrement l’Institut Lumière, dont il est président, et d’assister à des présentations de films ou des conférences qu’il a pu donner. Il est une montagne de connaissances incroyable (ses écrits en attestent).

        Rien que de compter cet homme parmi le public d’une séance de projection est une réelle joie en soi, tellement il possède un plaisir communicatif au visionnage d’un film, sans être ostentatoire. (J’ai encore un souvenir très vivace de la projection d' »Edouard et Caroline », douce comédie de Jacques Becker, avec une ambiance fabuleuse dans la salle.)

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  4. J’adore le pitch de « Vous plaisantez, M. Tanner », je me le note. Peut-être aussi « La constellation du chien ».
    Tu fais fait une erreur avec le livre de Jim Harrison qui s’appelle « Retour EN Terre ». Le « Retour à la terre » c’est de Larcenet.

    En parlant de BD j’ai lu récemment d’une traite toute la série « Il était une fois en France » qui parle d’un bonhomme que je ne connaissais pas (Joseph Joanovici), mais la lecture était passionnante et donnait à réfléchir, je ne peux que te la conseiller si tu aimes aussi un peu la BD (mais qui n’aime pas ?).

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    1. Merci pour la recommandation Lionel ! Je vais aller voir de quoi il s’agit.
      Oui la BD c’est sympa. Ça se lit vite et parfois les images sont jolies 🙂

      La constellation du chien fait partie des livres que j’ai bien aimé parmi ceux évoqués.
      Je ne sais pas si je le recommanderais aveuglément mais s’il t’intéresse je ne te dissuaderai pas de le lire.
      Celui de Jean-Paul Dubois contient quelques formules et scènes bien marrantes. Les « rois de la radio » sont inoubliables. Ainsi que l’artiste peintre qui refuse de s’abaisser à peindre les radiateurs.

      Retour en terre, je vais corriger. Celui-ci m’est tombé des mains. Voilà, on va trouver à dire que c’est un acte manqué…

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